Je fais déjà partie d’une génération de vieux cons.
A l’époque, c’est à dire en 1994, une série comme "Extrême Limite" représentait l’idéal érotique ultime pour nous autres garçons. J’ai commencé à ressentir mes premières émotions libidineuses en regardant cette immonde merde tentatrice produite par TF1.
C’est, je crois, la période la plus importante dans la vie d’un homme. Quand s’opère la transition enfant/adulte. Que l’on passe soudainement du mépris des femmes à leur adoration. Extrême Limite a opéré ce changement dans mon esprit. J’ai compris en regardant ces beaux gosses sportifs emballant de jolies et fraîches demoiselles que rien ne serait plus jamais comme avant.
C’en était fini des guerres de G.I Joe avec les copains, des tortures d’insectes et des concours de pets. Maintenant, il fallait apprendre à être cool pour capter l’objet de notre désir: la femme. La compétition entre les mâles allait être féroce, tous ne partaient pas avec les mêmes chances (il y en avait des gros, des laids, de coincés, des puants). La première guerre de notre vie se jouait devant nos yeux, sans que nous le sachions, la Nature nous avait bazardé au milieu d’un énorme théâtre d’opération "hormonal" dont nous maîtrisions à peine les codes, ça promettait d’être sanglant.
La sexualité avant Internet était oeuvre d’apprentissage quasi-initiatique. Le porno, c’était bon pour les privilégiés (l’abonnement Canal + coûtait cher) ou les petits débrouillards qui cogitaient en manouche pour glisser quelques Hot Video subtilisés dans leurs cartables.
Les jeunes d’aujourd’hui et demain ne pourront jamais plus connaître (sauf apocalypse nucléaire) ces temps bénis où les seuls support à la branlette étaient des MILFS poitrinaires posant dans les pages "lingeries" de la Camif et de la Redoute.
Quand j’étais encore au collège, je m’amusais à coller les plus belles de ces mannequins dans mon cahier de texte. Mon prof de français me piqua dans le creux du vif alors que j’admirais un magnifique 85C Wonderbra (la honte totale) en pleine lecture rébarbative des Noces de Figaro, il eu la bonté de ne laisser échapper qu’une sourire goguenard de cette découverte saugrenue.
Il faut dire, l’époque était bien différente d’aujourd’hui. Même parmi les enfants de la classe moyenne, on se comportait comme de vrais bicots: dans la cour de récréation, les filles d’un côté, les garçons de l’autre = apartheid sexuel féroce. Et ce jusqu’en classe de Troisième où l’entrée dans le monde sous-culturel (rap, rock et cannabis) coïncidait étrangement avec celui de la promiscuité de nos carcasse de gamins.
Mais l’Arabité s’arrêtait là. On pratiquez le culte des nanas comme celui de la déesse Kali: respectueusement terrifiés et fascinés. Et les jeux de dévergondage entrepris au cours d’improbable goûters d’anniversaire ne nous décoincèrent que très mollement.
La femme était une quête pour moi et la plupart des mes camardes (tous très semblables mis à part la présence d’un habituel queutard de service).
Je me souviens encore d’une nana. Elle s’appelait Charlotte.
Une espèce de tension sexuelle emplie de cruauté réciproque s’agitait entre nous. Elle me persécutait de toutes ses forces, se moquait, organisait la risée du petit Fascisme Fun.
Un jour, alors que nous fêtions l’anniversaire d’un camarade et que le jeu de la bouteille avait condamné Charlotte à roûler un patin à l’un des couillus en présence. C’est moi qu’elle désigna comme seul partenaire valable, ce qui eu l’effet de me désarçonner complètement (quand je parlais du pouvoir inhibiteur de la déesse Kali) et de me rassurer sur la qualité de mon sex-appeal.
Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’elle est devenu mais il m’arrive encore de penser à elle quand je me figure une Amazone implacable tombant amoureuse de son ennemi juré.

« Il faut dire, l’époque était bien différente d’aujourd’hui. Même parmi les enfants de la classe moyenne, on se comportait comme de vrais bicots: dans la cour de récréation, les filles d’un côté, les garçons de l’autre = apartheid sexuel féroce. Et ce jusqu’en classe de Troisième où l’entrée dans le monde sous-culturel (rap, rock et cannabis) coïncidait étrangement avec celui de la promiscuité de nos carcasse de gamins. »
C’était en France, votre truc ?
Memento Mouloud, agrégé de philosophie, de lettres classiques et d’histoire, se la jouant comikos’ !
pfff encore un blog de kikoo88
C’est émouvant.
Quand je pense que même sous l’ancien règne de Voissa and co, un type, un cousin peut-être, me racontait que sa mère enlevait les pubs et les demi-nues des Figaro Madame…
Le badok, vous vous la jouez populo non ?
@ Memento Mouloud :
Je dirais plutôt : Titi’ parisien !
Cordialement,
"du mépris des femmes à leur adoration." On sent le spécialiste.. Allah notre "tendance", c’est plutôt gaie-praïde, IVG dès 8 ans révolus.
Dis, ta Charlotte, tu n’as pas pensé à la stalker sur Facebook ?